Congé d’accompagnement de fin de vie : une mesure pro-vie

Le Salon Beige , le 7 février 2009  
De Pierre-Olivier Arduin :
"Son rapport sur la fin de vie tout juste remis au Premier ministre le 2 décembre dernier, Jean Leonetti [...] défendra le 17 février prochain dans l’hémicycle une proposition de loi destinée à mettre en œuvre un congé d’accompagnement de fin de vie."
Le Pape avait déclaré le 25 février 2008 devant les participants d’un Congrès international sur la fin de vie organisé par l’Académie pontificale pour la Vie : 
"Du côté de la réglementation du travail, on reconnaît habituellement des droits spécifiques aux membres de la famille au moment d’une naissance ; de la même manière des droits similaires devraient être reconnus aux parents proches au moment de la phase terminale de la maladie d’un de leurs parents".

Pierre-Olivier Arduit poursuit :
"L’enquête nationale MAHO (mort à l’hôpital) du docteur Edouard Ferrand publiée l’année dernière sur les conditions de décès des Français à l’hôpital révèle que les trois quart des malades sont seuls au moment de leur trépas.

[...] De plus la mort des Français est massivement institutionnelle puisque 75 % des patients décèdent dans des établissements hospitaliers au sens large (hôpital et maisons de retraite) alors que plus de 80% de nos concitoyens souhaiteraient mourir chez eux entourés des leurs.

On peut en conclure qu’aujourd’hui la mort est gérée par l’Etat, la famille ayant déserté largement le temps qui la précède. A la solidarité de jadis s’est substituée une solitude d’aujourd’hui, particulièrement effrayante dans les grands centres urbains de nos modernes cités. N’est-ce pas ce contexte sociologique qui explique pour une large part que prospère la revendication de la dépénalisation de l’euthanasie ? [...] L Selon Jean Leonetti, rémunérer des périodes d’accompagnement d’un proche en fin de vie pourrait donc avoir un impact symbolique déterminant pour changer nos mentalités.

[...] Le congé serait de droit pour tout salarié qui présenterait à son employeur un certificat du médecin traitant attestant la fin de vie du malade. Il concernerait exclusivement l’accompagnement à domicile de manière à opérer un tournant culturel réclamé par beaucoup : déplacer la mort à l’hôpital vers le foyer en lui redonnant une signification familiale et familière.

[...] Sa rémunération pourrait être en partie couverte par plusieurs transferts de charges financières [...] : accompagner son proche faciliterait le travail de deuil et donc préviendrait à son tour des dépressions coûteuses en terme d’arrêt de travail. Enfin, assister à la maison celui qui va mourir pourrait éviter des hospitalisations intempestives. Plusieurs études, d’après le rapport Leonetti, ont montré que le coût d’une hospitalisation est supérieur à celui de soins palliatifs délivrés au domicile".
MJ

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