Le Cardinal Ratzinger, sur la liturgie

Chrétienté Info , le 16 février 2009 à 4:50  

- « Le Concile a été tout simplement dépassé, lui qui, par exemple, avait dit que la langue du rite romain restait le latin, mais qu’il fallait accorder aux langues nationales la place qui convenait. »

(La célébration de la Foi, éditions Téqui, Paris 1981.)

- « L’effrayant appauvrissement qui se manifeste là où l’on chasse la beauté et où l’on assujettit [la liturgie] seulement à l’utile, est devenu de plus en plus évident. L’expérience a montré que le fait de s’en tenir àla seule notion d’ »accessible à tous » n’a pas rendu les liturgies véritablement plus compréhensibles ou plus ouvertes, mais seulement plus indigentes. Liturgie « simple » ne signifie pas misérable ou à bon marché ; il y a une simplicité qui vient du banal, et une autre qui découle de la richesse spirituelle, culturelle et historique. »

(Entretien sur la foi, éditions. Fayard, Paris 1985.)

- « Bien qu’il y ait de nombreux motifs qui peuvent avoir poussé un grand nombre de fidèles à trouver refuge dans la liturgie traditionnelle, le plus important d’entre eux est qu’ils y trouvent préservée la dignité du sacré. Après le Concile, de nombreux prêtres ont délibérément érigé la désacralisation au niveau d’un programme d’action. (…) Animés par de telles idées, ils ont rejeté les vêtements sacrés ; autant qu’ils ont pu, ils ont dépouillé les églises de leurs splendeurs qui rappelaient le sacré et ils ont réduit la liturgie au langage et aux gestes de la vie de tous les jours par le moyen de salutations, de signes d’amitié et autres éléments. »

(Conférence faite aux Evêques du Chili en juillet 1988. )

- « On aurait besoin pour le moins d’une nouvelle conscience liturgique, pour faire disparaître cet esprit de bricolage. On en est arrivé à ce que des cercles liturgiques se bricolent eux-mêmes une liturgie du dimanche (…) Je m’aperçois que ce n’est pas cela que je cherche. C’est trop peu, c’est autre chose. Ce qu’il y a de plus important aujourd’hui, c’est le respect de la liturgie et du fait qu’on ne peut pas la manipuler. C’est de réapprendre à la considérer comme un organisme vivant et offert, par lequel nous participons à la liturgie céleste. C’est de ne pas y chercher notre propre accomplissement, mais le don qui nous advient. Je crois que ce qui est prioritaire c’est que cette manière de faire personnelle et arbitraire disparaisse et que s’éveille le sens intérieur pour le sacré. Dans une deuxième étape, on pourrait voir dans quel domaine on a supprimé trop de choses, et que la cohérence avec toute l’histoire puisse redevenir plus évidente et plus vivante. »

(dans Voici quel est notre Dieu, édition Plon-Mame, 2001)

- « Il est nécessaire de restaurer non pas certaines cérémonies, mais l’idée fondamentale de la liturgie. Car dans la liturgie, ce n’est pas nous-mêmes qui nous représentons, mais le Christ et son Eglise (…). De manière plus générale, je pense que la traduction de la liturgie dans les langues parlées a été une bonne chose pour faire que les célébrations soient comprises et pour que les fidèles puissent y participer ; mais je pense aussi que l’on peut participer autrement : par l’esprit. Certains temps forts en latin me sembleraient utiles pour restituer cette dimension universelle de la liturgie (…) Si le langage populaire est une solution, le maintien du latin pourrait l’accompagner pour retrouver cette dimension. »

(Au cours d’une interview télévisée à la chaîne catholique Eternal World Television Network, le 5 septembre 2003.)