Un directeur d’hôpital raconte :
« À Kinshasa
savez-vous ce qu'on fait des préservatifs ? Les ONG locales qui les
distribuent, reçoivent des ‘’per diem’’ généreux des organismes
internationaux pour les distribuer… Ils les distribuent à l'entrée du
stade (80.000 places à Kinshasa !), pour être efficaces vis-à-vis des
organismes, et les supporters les gonflent comme des ballons de
baudruche pour les faire exploser…
À l'intérieur du pays, on nous a
rapporté que les militaires n'ayant pas les moyens d'acheter du cirage
pour leurs chaussures, utilisent les préservatifs qui ont un bon
lubrifiant, pour lustrer leurs bottes et c'est aussi très efficace. ».
La réalité de la lutte contre le SIDA dépasse en effet largement les
débats sur le préservatif, comme en témoigne ce médecin africain :
«
Le SIDA est un véritable chantier pour l’hôpital. Une expérience
extraordinaire avec des résultats chiffrés et qui font de notre centre
un lieu de passage obligé pour les visiteurs qui veulent voir des
résultats concrets avec les fonds reçus du Fonds mondial : 600 sujets
régulièrement suivis, accueillis dans des conditions qui respectent la
dignité humaine (et pas dans des mouroirs). Un patient s’exclamait “Ce
cadre est fait pour nous ? Avec des lits où l’on change les draps
chaque jour ? Alors, je crois que nous ne sommes plus les bannis de la
société, nous avons le droit de continuer à vivre”…
Autre bilan de la lutte contre le VIH : zéro condom distribué… et bien sûr 0 per diem reçu ! »
La conclusion est sévère : « Qu’on cesse de nous faire croire que c’est en imitant le comportement sexuel d’une civilisation en décadence que l’on
va lutter contre le SIDA. ».