La loi sur le travail dominical est bien une régression

Michel Janva , le 27 octobre 2009  


Le général Legrier, président du Mouvement Catholique des Familles, répond à Civitas sur la loi sur le travail dominical :

D "On peut imaginer un grand moment d’émotion quand papa et les enfants passeront à la caisse derrière laquelle travaille maman ; plus le chariot sera rempli, plus l’instant durera… Faire les courses tous ensemble, pourquoi pas, mais pourquoi le dimanche ? [...] La famille a besoin d’un revenu pour vivre ; pour autant le revenu n’est pas son seul besoin et dépenser plus n’apporte pas forcément plus de bonheur. Les enfants les plus gâtés ne sont pas les plus heureux ! Le lien de la famille, c’est l’amour réciproque, des parents entre eux et avec leurs enfants. Entretenir cet amour suppose un peu de temps à consacrer à son conjoint, à ses enfants. Le repos dominical en donne la possibilité. [...] Si la France est de moins en moins catholique, soyons-le, nous, de plus en plus, et sans complexe ! Nous vivons certes dans une société de consommation, et nous consommons. Mais le dimanche est bien là pour nous rappeler que nous ne sommes pas seulement des consommateurs, ce que chacun, catholique ou non, peut comprendre.

Le dimanche matin au lieu d’aller à la messe certains pratiquent le vélo. D’autres préfèrent, durant l’après-midi, jouer au football ou au rugby. Pour quelles raisons « faire les magasins » le dimanche ne serait-il pas une activité ludique comme une autre ?

Parce que « faire les magasins » pour les uns suppose que d’autres ne puissent ni pratiquer le vélo, ni aller à la messe. Il n’entre pas dans le rôle du législateur de décider à quoi chacun doit vaquer le dimanche, mais de préserver le bien commun de la société dont fait partie le repos dominical. [...] Le repos du dimanche avait été supprimé par la révolution sur l’influence des philosophes des lumières (l’Encyclopédie prônait le travail du dimanche « pour l’enrichissement de tous » !). Rétabli par Louis XVIII, il était tombé en désuétude sous Louis Philippe (sanctions non appliquées) et aboli en 1880. On peut sérieusement douter que les femmes et les enfants travaillant 12 heures par jour au 19ème siècle se soient pleinement épanouis dans cette situation. Les catholiques sociaux se sont battus notamment pour son rétablissement qui n’interviendra qu’en 1906, dont la loi sera fondée sur deux valeurs : le repos et la famille. Même si sa portée se veut limitée, la loi de 2009 est bien une régression sociale pour une finalité mercantile."

On peut écrire à Michel Janva par email à : mj@chretiente.info et visiter son site ici.

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