Mgr Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture, a déclaré :
On peut écrire à Michel Janva par email à : mj@chretiente.info et visiter son site ici.
"Un grand artiste américain me disait dernièrement : «Les artistes contemporains excluent deux choses : la beauté et le message.» C’est cet horizon contemporain que nous voulons considérer, tel qu’il est. Sur ce point, on peut vraiment parler de divorce avec l’Église. Car l’art contemporain semble pour une grande part avoir exploré toutes les voies de la déconstruction, du nihilisme, pour nous amener à constater l’inconsistance de l’être, démontrant que plus rien ne vaut rien, jouant de la provocation sur l’absence de sens de notre réalité. Mais, affronté à cet itinéraire, ce même art se trouve automatiquement en passe de se détruire, car l’objectif ultime ne peut être que le silence de la mort, du suicide. [...]
Il nous a donc semblé que le moment était venu pour une nouvelle proposition : engager les artistes à se réapproprier les grands symboles, les grandes narrations, les grands thèmes, les grandes figures. [...] Ainsi, le Saint-Siège va inviter des artistes à la Biennale de Venise, leur proposant de travailler sur les onze premiers chapitres de la Genèse, qui portent en eux toute la vie de l’humanité. [...] L’artiste ne doit pas faire une œuvre directement catéchétique. L’esthétique authentique, lorsqu’elle touche les grands thèmes, peut s’interroger et nous interroger sur le sens de la vie, même si elle ne prend pas en compte le message évangélique. Une esthétique artistique authentique, par nature, touche l’éthique. [...]
Nous croyons à la possibilité d’une rencontre entre la foi et l’art, pourvu que l’art sorte de son impuissance provocatrice. De même, l’Église ne doit plus s’en tenir à une récupération hasardeuse de styles anciens et à des productions artisanales sans ambition. Elle doit accepter la confrontation avec ces nouvelles grammaires, à ces nouvelles modalités d’expression. Ce dialogue-là serait fécond pour elle."
