Jouer au football est accessible à tous. Les culs-de-jatte – physiquement dans l’incapacité de se joindre au jeu – ne se plaignent pas de discrimination. Ils savent simplement qu’ils ne peuvent trouver leur épanouissement dans le football, pour des raisons évidentes à tous. Eventuellement, ils jouent à d’autres jeux, tels le handball. Et personne ne vient hurler que le football est un sport qui ne suit pas l’évolution de la société et des moeurs.
Je lis ici et là qu’il est scandaleux que le mariage ne soit pas accessible aux homosexuels. C’est un énorme mensonge. Personne, dans l’histoire, n’a jamais interdit aux homosexuels de se marier, et les exemples sur la scène publique – et politique – sont légion. La mariage, union sacrée ou civile d’un homme et d’une femme qui fonde la cellule de base de la société – est accessible à tous, hétérosexuels comme homosexuels.
Ce que veulent quelques tristes sires, en revanche, c’est modifier la nature même du mariage, car ils refusent de se plier à sa substance. Pour reprendre notre allégorie footballistique, ceux-ci trouvent « discriminatoire » qu’on leur interdise de jouer au football avec les mains. Ils refusent la substance du jeu appelé « football » et tentent de faire plier la réalité à une version rêvée, différente de la vérité.
Qu’on valide ici et là que des personnes de même sexe « s’unissent civilement », voire « pactisent » n’a strictement aucune importance. Que chacun fasse ce qu’il veut ! Mais qu’on modifie la substance de l’union cellule fondamentale de la société en mentant tout simplement sur la nature du mariage est une aberration. Le mariage n’est pas un droit, c’est un nom ! C’est le nom, l’étiquette, le descriptif, d’un état civil ou religieux établi entre un homme et une femme. Or, on ne modifie pas l’objet d’un signifiant. Je ne peux décider demain que ce qui s’appelle « fraise » est désormais jaune, rond, et de la taille d’un pamplemousse. Si, à la rigueur, dans le secret d’un laboratoire, j’invente un nouveau fruit, je serai bien obligé de lui donner un autre nom. On ne change pas ce qu’un mot décrit. On trouve un mot pour décrire la nouvelle chose.
Ainsi, personne, ni vous, ni moi, ni quelque légiste que ce soit, ne peut changer le sens du mot « mariage ». S’il venait à appeler « mariage » l’union d’un homme avec un homme, le législateur violerait le sens.
Tournons-nous d’ailleurs vers le Dictionnaire le plus commun en France : le Larousse. Le mot « mariage » y est ainsi défini :
Acte solennel par lequel un homme et une femme établissent entre eux une union dont les conditions, les effets et la dissolution sont régis par le Code civil (mariage civil) ou par les lois religieuses(mariage religieux) ; union ainsi établie.
Considérer qu’il en va d’une « évolution des moeurs » que de modifier la substance du mariage est une escroquerie intellectuelle.
Il n’y a bien que les élus – dont la seule préoccupation est justement de l’être encore et encore – pour imaginer qu’une fraise puisse devenir un pamplemousse.