"L’explosion de la demande des produits hallal est une preuve supplémentaire, non d’une intégration croissante des populations arabo-musulmanes à la société française mais, au contraire, de leur retour vers les pratiques de leur pays d’origine ou de celui de leurs parents, voire de leurs arrière-grands-parents.
Toutefois ce réenracinement ne va pas sans poser de problèmes : en effet, pas plus que le jeûne du ramadan, la promotion de l’alimentation hallal ne reste cantonnée à l’espace privé ; au contraire, elle tend à s’imposer dans l’espace public, à la fois pour des raisons d’intérêt commercial et en réponse à des pressions politiques.
[...] La logique commerciale conduit les entreprises agroalimentaires à fournir de la viande et des produits hallal à ceux qui en désirent. Mais la tentation existe aussi, dans le souci de rentabiliser les chaînes de production, d’« hallaliser » des produits destinés à l’ensemble des consommateurs.
Ainsi pour les moutons et les poulets (70 kg par personne et par an), viandes très consommées par les musulmans, il est impératif de développer des filières d’abattage hallal répondant aux règles suivantes : animal égorgé vivant, sans être étourdi, la tête tournée vers La Mecque, par un sacrificateur agréé. Pour éviter de mettre en ligne une autre filière d’abattage classique – et donc d’augmenter les coûts d’investissement et de production – il peut être tentant, sans en avertir le consommateur, de distribuer de la viande hallal dans le circuit classique. C’est largement le cas actuellement pour la volaille et les ovins : le consommateur laïc ou catholique finance ainsi, sans le savoir et souvent contre son gré, l’expansion islamique en France. [...] La logique de rationalisation des coûts peut donc conduire à hallaliser la distribution des viandes.
La logique commerciale conduit, elle, à hallaliser l’offre de plats préparés : pour pouvoir vendre partout, et à tout le monde, bien des firmes, comme Maggi, éliminent le porc et l’alcool de leurs préparations et s’approvisionnent principalement en viandes hallal. Dans une logique purement commerciale, c’est le groupe le plus intolérant qui dicte sa loi aux marchands d’abord, à tous les clients ensuite. Ce phénomène est renforcé par l’importance de la restauration collective dans les écoles et les entreprises où, souvent, les règles de la minorité sont imposées à la majorité."
On peut écrire à Michel Janva par email à : mj@chretiente.info et visiter son blog ici.
