C’est une règle implicite dans la majorité des instituts : on ne travaille pas avec le Front National. Roland Cayrol, le fondateur de l’institut CSA, ne fait pas mystère de ce principe :
"Nous sommes quelques-uns à avoir fait savoir que, en toute hypothèse, nous ne travaillerions pas pour le Front National pour des raisons d’éthique citoyenne. Nous avons été approchés il y a quelques années par des officines qui nous ont paru très évidemment liées au FN. Nous avons expliqué à nos interlocuteurs que nos tarifs étaient tellement élevés qu’ils ne pourraient pas se payer d’enquête chez nous… "
Pierre Giacometti, alors directeur général d’Ipsos :
"Non, même position que Roland Cayrol."
Pour Jérôme Sainte-Marie, ancien directeur de BVA opinion, aujourd’hui à la tête de son propre institut, iSAMA, cette règle implicite de boycott existe bien :
On peut écrire à Michel Janva par email à : mj@chretiente.info et visiter son site ici."On ne travaille pas avec le Front National parce qu’économiquement on ne peut pas se le permettre [...] il y a sur le FN une sorte d’interdit social. Il m’est arrivé de travailler avec Philippe de Villiers, par exemple, mais si je traitais avec Jean-Marie Le Pen, je serais mis au ban de la profession. Le chiffre d’affaires de mon institut, à terme, en souffrirait. [...] le Front National est la feuille de vigne des sondeurs".