LES récentes « révélations » d’exactions de quelques prêtres ont un mérite qu’on ne mesure pas encore : elles enterrent définitivement cette génération d’hommes ordonnés entre 1945 et 1990, génération qui a transformé l’Eglise en terrain d’expérimentation marxiste.
Le bilan est lourd : la pastorale bousillée, les églises vidées, et maintenant des crimes tels que la sollicitation en confession, bref, une horreur à tous les points de vue.
Il est ironique de voir désormais Monseigneur Vingt-Trois et ses sbires – derniers hérauts du « modernisme ecclésial » qui a ravagé l’Église – s’inquiéter devant le peu de candidats à la prêtrise, afficher des faces de cimetière en décrétant à qui veut l’entendre que « c’est la fin ». Car enfin, de quelle fin parle-t-on ?
Il n’existe qu’un seul cadre pour « faire » des prêtres et/ou des religieux et religieuses : la famille, catholique, encadrée par une catéchèse de qualité et soutenue d’une prière intense.
Or, nous le savons, être « priant », dans la bouche de ces lecteurs de Gogolias, c’est une insulte. Quant à imaginer une catéchèse qui soit catholique, c’est une quasi hérésie.
Bref, Monseigneur Vingt-Trois et consorts héritent, béats (voir photo), de leur propre résultat. Une France fruit de leur travail d’arrache-pied, de leur talent incomparable, de leur courageux témoignage : une France complètement déchristianisée.
Bien heureusement, l’Eglise étant surnaturelle, elle n’est point abattable. Et la force de la Tradition est là pour nous le rappeler quotidiennement : les familles fidèles à la tradition catholique « fabriquent » beaucoup plus de vocations que les familles des amis de Monseigneur Vingt-Trois. Faut-il s’en étonner ?
Seulement voila… la politique et l’esprit partisan font que peu importe le résultat, peu importent les âmes sauvées, peu importent les vocations : Monseigneur Vingt-Trois n’aime pas la Tradition – c’est à dire qu’il n’aime pas l’Eglise deux fois millénaire. Les péripéties de monsieur l’Abbé Michel à Thiberville en sont un parfait exemple : l’une des paroisses les plus dynamiques de l’hexagone, crucifiée par les « stratégies » de « planification » de l’évêque local, un autre génie dont le Q. I. ne doit pas dépasser celui des vaches de son diocèse. On tente désespérément d’abattre les derniers foyers vivants d’Eglise, selon les bonnes vieilles méthodes soviétiques. Même en Russie, c’est terminé depuis 20 ans… il serait peut-être bon qu’on informe nos évêques, non ?
Alors, j’entends déjà les voix qui s’offusquent : Mais enfin ! Chrétienté Info ! Parler ainsi de nos évêques !
Notre position est très simple : nos pères les évêques sont au SERVICE de l’Eglise, ensemble des baptisés, au SERVICE de l’Eglise, Corps Mystique de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et SOUMIS au Très Saint Père le Pape. Or, ils faillissent dans ces trois aspects.
- Au service de l’Eglise, ensemble des baptisés :
ils luttent contre les baptisés catholiques fidèles à l’Eglise. - Au service de l’Eglise, Corps Mystique du Christ :
ils détruisent ce dont ils ont hérité et assèchent les branches survivantes. - Soumis au Pape :
ils agissent contre ses ordres et recommandations, selon leur bon vouloir.
Il est très intéressant de constater que dans les pays de l’Est de l’Europe – où la messe n’a jamais subi ce qu’elle a subi en France – la dignité parfaite des messes de la forme ordinaire fait qu’on n’évoque pas de besoins importants de retour de la forme extraordinaire. Autrement dit, pour faire plus court : c’est PARCE qu’ils ont été indignes en liturgie et en pastorale que les modernistes français font face à un front traditionaliste. Le Jokari, ça vous dit quelque chose ?
Il y a quelques années, sur un autre support, j’expliquais que le retour à la messe traditionnelle était inéluctable et logique. Il y a une raison simple à cela, bien étrangère à la religion, à la théologie ou à la foi même, une raison simplement liée à la nature humaine : on ne change pas impunément une substance aimée. Vous voudrez bien me pardonner cette comparaison vulgaire, mais elle est nécessaire à l’explication du phénomène : si j’aime particulièrement un produit (imaginons un excellent pain de campagne, par exemple) et qu’on m’en change la recette (ce qui ne s’est JAMAIS VU !), je serai forcément frustré, triste, je me sentirai trompé, et je me garderai bien de tout prosélytisme envers le pain en question, dont les propriétaires m’auront trahis. Des années plus tard, découvrant leur erreur, ces mêmes propriétaires ou leurs successeurs tenterons de revenir à la recette originale. Ce sera un peu tard. Ma famille – mes descendants – n’auront que très peu entendu parler de ce bon pain de campagne. Imaginez : on leur en aura même dit du mal… on avait été « obligé de le changer… pour satisfaire le goût moderne, vous comprenez… ». La reconquête sera extrêmement difficile. Mais revenir à la recette originale sera la SEULE VOIE POSSIBLE.
L’ignorer, c’est être au choix un destructeur ou un imbécile.
Monseigneur Vingt-Trois, quel camp choisissez-vous ?
Paul Lorilloux,
Chrétienté Info