L'Union des Cercles Légitimistes de France a mis en ligne les actes de son université d'été 2010 (pdf 106 pages). Une partie (pp 22 à 31) est consacrée aux corps intermédiaires :
"Les corps intermédiaires étaient des communautés traditionnelles au sein desquelles l’homme détenait des parcelles d’autorité en vertu du principe de subsidiarité ; ils lui apportaient protection, responsabilités, honneur et dignité dans le service du bien commun. La Révolution leur a substitué les sociétés de pensée, ces communautés artificielles où l’individu est privé de toute possibilité d’action concrète et soumis à la dictature de l’opinion. La démocratie égalitaire le laisse nu et désemparé face à un État tout puissant qui, pour durer, lui propose l’ignoble marchandage : «on te donne la “liberté” de jouir si tu nous laisses le pouvoir et l’argent.»
L’homme est un animal social, un être politique au sens exact de polis : cité. Pour lui, la société de ses semblables s’avère indispensable et, par essence, naturelle. Le fait social s’affirme comme une réalité fondamentale indépendante de tout décret humain, de toute volonté d’un quelconque législateur. Il faut entendre par Cité, à un moment donné de l’histoire, la forme la plus achevée d’organisation politique, la plus élaborée, la plus autonome, la mieux adaptée à la réalisation du bien commun.
Cependant, entre la Cité et le citoyen, il y a place pour des communautés, diverses dans leur nature et leur fonction, qui, les unes et les autres, concourent au bonheur de leurs membres et à l’accomplissement de leur destinée. [...]
- La première en dignité des institutions est la famille ; [...]
- Les communautés territoriales [...]
- métiers et corporations.
[...] ces structures traditionnelles ont évolué sous la pression des exigences du pouvoir puis des idéologies révolutionnaires. Lesquelles idéologies ont tenté, et pour une part réussi, à les vider de leur substance initiale. [...] Si la famille, pierre angulaire de toute société, peut seule se prévaloir de son appartenance au droit naturel, les deux autres jouent un rôle éminent pour l’épanouissement de l’homme. Ce dernier, en effet, vit au sein de communautés territoriales, souvent très anciennes, modifiées par l’histoire comme par la géographie. Il s’accomplit aussi dans une activité professionnelle qui est beaucoup plus qu’un simple moyen d’existence."
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Jean-Marie Gutknecht