Dans un texte publié par Benoît-et-moi (12 pages, pdf), François H. écrit :
"sous le couvert de l’objectivité, de l’impartialité revendiquées, c’est le Magistère qui est mis en cause. C’est déjà au Magistère qu’on fait violence en usant du vocabulaire de ses ennemis plus ou moins déclarés, et en affublant de guillemets ses défenseurs. L’agitation médiatique du début de l’année 2009 offrit certainement le meilleur exemple de cette manière d’attaquer indirectement le Magistère en général et Benoît XVI en particulier.[...]
Si le ton pondéré de la fausse neutralité prévaut dans la plupart des articles « Religion » de l’édition papier [...] La Croix dispose de trois moyens pour faire entendre une parole plus affirmée, plus engagée dans les débats actuels du catholicisme français : le recours à des tribunes, les blogues « Religion » sur internet et la critique de livres religieux, qui sont autant de manières de dissocier ces textes de la responsabilité du journal.
La critique de livres religieux a ceci d’intéressant, qu’elle permet souvent de dégager la ligne philosophique et théologique du journal, et donc de voir sur quelles options intellectuelles et spirituelles reposent les autres articles. [...]
La théologie de La Croix, c’est très largement la théologie néomoderniste. Peut-être suis-je trop prompt à voir l’hérésie moderniste dans un simple article de critique de livre, intéressant par ailleurs. Mais je n’ai jamais lu dans La Croix aucun article sur les théologiens de l’école romaine, sur l’école thomiste [...]
Mme de Gaulmyn, journaliste du principal titre de la presse catholique française, prend ouvertement le contrepied du Magistère romain avec une impressionnante condescendance et une désinvolture non moindre, et se permet de prédire l’avenir (trop lointain, quel dommage, pour qu’elle puisse être ordonnée prêtresse, et pourquoi pas évéchesse ou cardinale). Cela ne devrait pas étonner. Les présupposés théologiques de Mme de Gaulmyn, ceux qui sous-tendent son discours l’expliquent aisément : ces présupposés sont ceux de la « théologie d’en bas », celle de Karl Rahner hier et de Christoph Theobald aujourd’hui [...] Mme de Gaulmyn est libre de penser ce qu’elle veut. Elle est libre de fonder une nouvelle religion, le gaulmynisme, où les femmes auront accès à un sacerdoce qui n’existe pas. Mais elle n’a pas le droit de prétendre que sa position, qui passe sous silence ou contredit parfois ouvertement l’enseignement le plus constant du Magistère, est catholique. Non seulement ses positions sont d’un point de vue catholique indéfendables, mais elles témoignent d’un profond mépris pour l’Eglise romaine, pour le Magistère, auquel elle ne daigne pas même répondre par des arguments théologiques, mais se borne en somme à l’accuser de sexisme. La position d’Isabelle de Gaulmyn ne peut pas être catholique, en vérité elle n’est pas même religieuse, car elle refuse par avance de situer son discours sur le plan où s’exprime le Magistère : là où celui-ci parle de la vérité, Mme de Gaulmyn est incapable d’adopter une autre grille de lecture que celle du libéralisme contemporain. [...]
3e arme, la tribune :
"grâce à cette tribune, La Croix peut se passer de ses considérations sur l’insuffisance de la communication vaticane et s’en prendre directement aux décisions du Pape, ce qui est il vrai beaucoup plus commode. [...] On dira, une fois encore, que ce n’est pas la ligne éditoriale de La Croix, mais seulement un « avis » extérieur, une « contribution au débat » etc etc. Il reste que je n’ai jamais lu dans ce journal de tribune rédigée par des prêtres ou des fidèles résolument favorables à l’oeuvre du Saint-Père Benoît XVI, sur le plan théologique, liturgique ou moral. Peut-être cela m’a-t-il seulement échappé, mais je peine à concevoir la chose. Et une multitude de tribunes toutes orientées dans le même sens signifient un engagement net de la part du journal, ou bien les mots n’ont plus aucun sens."
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