Benoît-et-moi a traduit ce qui tourne en boucle depuis hier :
"Se concentrer sur le préservatif veut dire banaliser la sexualité, et cette banalisation représente justement la dangereuse raison pour laquelle tant et tant de gens, dans la sexualité, ne voient plus l'expression de leur amour, mais seulement une sorte de drogue, qu'ils s'administrent. C'est pourquoi la lutte contre la banalisation de la sexualité fait aussi partie du grand effort afin que la sexualité soit valorisée de façon positive, et puisse exercer son effet positif sur l'être humain dans sa totalité.
Il peut exister des cas isolés justifiés, par exemple quand une prostituée utilise un préservatif, et ceci peut être le premier pas vers une moralisation, un premier acte de responsabilité pour développer à nouveau la conscience du fait que tout n'est pas permis, et qu'on ne peut pas faire tout ce qu'on veut. Toutefois, ceci n'est pas le vrai moyen pour vaincre l'infection du HIV. Une humanisation de la sexualité est vraiment nécessaire."
Le Pape dit aussi :
"Les perspectives de "Humanae vitae" restent valides, mais c'est une autre chose de trouver des chemins humainement praticables. Je pense qu'il y aura toujours des minorités intimement persuadées de la justesse de ces perspectives, et qui, en les vivants, en seront pleinement satisfaits de manière à devenir pour les autres un modèle fascinant à suivre. Nous sommes des pécheurs. Mais nous ne devrions pas le prendre comme argument contre la vérité, quand cette morale élevée n'est pas vécue. Nous devrions chercher à faire tout le bien possible, nous soutenir et nous encourager mutuellement. Exprimer tout cela aussi du point de vue théologique, conceptuel et pastoral dans le contexte de la sexologie actuelle et de la recherche anthropologique est une grande tâche à laquelle nous devons nous consacrer plus et mieux."
On peut écrire à Michel Janva par email à : mj@chretiente.info et visiter son site ici."Aurait-il dû éluder la question – l'exploitation de sa réponse étant prévisible, et l'ennemi cherchant comme d'habitude la plus minuscule fissure pour investir la place? Mais il n'est pas du genre à se dérober ["Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas par peur devant les loups", NDMJ], et de son côté, Peter Seewald avait bien annoncé qu'il n'éluderait justement aucune question, et que certaines de ses réponses déplairaient des deux côtés. Damian Thompson, dans son blog généralement excellent, titre "Le commentaire extraordinaire de Benoît sur le préservatif et le HIV prouve sa charité et son bon sens". Et plus loin dans son article, il écrit que la réponse du Pape aide à clarifier des années de confusion désastreuse dans le domaine du sida et du préservatif. C'est une façon de voir l'aspect positif des choses.
Quoiqu'il en soit, il ne fait aucun que le Saint-Père a longuement réfléchi, avant de dire cela, et d'autoriser sa publication. Il reste à espérer que la conférence de presse de présentation, prévue le 23 novembre au Vatican, en présence de Mgr Fisichella, de Luigi Accattoli, de Don Costa, le directeur de la LEV, et bien sûr, de Peter Seewald lui-même, permettra de recadrer les premières interprétations fallacieuses.
Juste une petite remarque – peut-être révélatrice du milieu dont part l'"offensive" – pour conclure. Les medias parlent de "prostitué mâle", John Allen lui-même utilise l'expression male prostitute. Mais sur le site du Vatican, l'OR écrit bien, noir sur blanc, le terme féminin: prostituta. Y aurait-il une erreur dans la version italienne? S'agirait-il d'une coquille de l'OR? Ou bien d'une confusion pas si innocente? A suivre!"
Jean-Marie Gutknecht
