Notre consoeur Stéphanie Le Bars, spécialiste des questions religieuses du « quotidien de référence« , vient de nous donner des précisions chiffrées sur l’apostasie en Allemagne et en Autriche (malheureusement, ces précisions ne sont pas accessibles sur le site internet dudit quotidien de référence et vous devrez donc me croire sur parole). Ces chiffres sont terrifiants: selon la journaliste, 181 000 catholiques allemands ont quitté l’Eglise en 2010 (sur 24,6 millions). De la même façon, 84 000 catholiques autrichiens ont apostasié cette même année 2010 (sur 5,5 millions).
Mon premier mouvement est de prier pour ces pauvres âmes.
Mon deuxième est de chercher le pourquoi. Mme Le Bars nous le dit sans ambages: c’est « en grande partie dû aux révélations en série de scandales de pédophilie dans les paroisses et les institutions religieuses allemandes ». Dieu sait que j’ai été sévère sur le laxisme qui a, trop longtemps, encombré les réactions catholiques sur ces scandales. Mais je maintiens que cette « série de scandales » est une série artificiellement montée par les médias anti-catholiques. Non certes (hélas) qu’il n’y ait pas eu de clercs prédateurs sexuels. Mais je trouve suspect que la complaisance de l’ensemble de la société médiatique envers les dépravations sexuelles ne trouve qu’une borne: la pédophilie (qui, le plus souvent, n’est pas de la pédophilie, mais bien de l’éphébophilie – ce qui n’est, selon la morale catholique, pas beaucoup mieux, mais, en revanche, est très encouragé par la « morale » médiatique), et la pédophilie pratiquée par des clercs. Chacun sait qu’il y a bien davantage (dans l’absolu, et même, je crois bien, proportionnellement) de crimes de cet ordre commis par des instituteurs, ou par des pères de famille. Pourtant, les médias n’ont parlé que d’une série de scandales pédophiles: celle qui concerne l’Eglise, c’est-à-dire la seule institution au monde à avoir réellement pris la mesure du caractère monstrueux de ce péché et de ce crime.
Je doute, d’ailleurs, fort que l’apostasie austro-allemande ait beaucoup à voir avec cette crise. Le meilleur indice de cette absence de causalité tient dans cette phrase:
En vingt ans, l’Eglise allemande a ainsi officiellement perdu 12 % de ses ouailles.
Mais, voici 20 ans, il n’y avait pas l’ombre d’un scandale pédophile. On encensait encore ceux qui brisaient « le dernier tabou » en affirmant leur attirance sexuelle pour les enfants.
La crise « pédophile » fut peut-être un accélérateur. Mais je crois surtout que cette apostasie est due au fait que les catholiques concernés ne savent plus, depuis longtemps, en quoi ils croient (il faut dire, à leur décharge, que les clercs ne les ont guère aidés à approfondir leur foi au cours des dernières décennies, le massacre du catéchisme et de la liturgie aidant). Et, en Autriche ou en Allemagne, l’appartenance à une Eglise entraîne le paiement d’un impôt. Je comprends sans peine qu’une personne qui ne croit pas à la Sainte Trinité, à l’Incarnation ou à la Présence réelle ne voie aucun intérêt à payer un impôt pour une organisation dont la principale vocation est précisément d’annoncer ces dogmes aux hommes!
En réalité, cet article, à la faveur d’une information terrible, est surtout une occasion de régler, pour la énième fois, ses comptes avec une Eglise qui a le tort de ne pas apprendre la Révélation dans les gazettes du soir ou du matin. Et Mme Le Bars de finir, très classiquement sur l’habituel « rappel à l’ordre »:
Ce mouvement de désaffection envers l’institution catholique tient aussi aux positions inflexibles du Vatican sur le célibat des prêtres, le refus d’ordonner des hommes mariés ou des femmes ou bien encore sur la morale sexuelle.
C’est curieux. Aucun des catholiques que je vois à la messe le dimanche ne me parle de ces sujets, mais il semble, à en croire les médias, que tous soient obnubilés par eux! Je vais finir par me demander s’il n’existe pas un échantillon spécifique de « catholiques » dans les caves du journal « Le Monde »…
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On peut écrire à Guillaume de Thieulloy par email à : gdt@chretiente.info et visiter son site ici.Jean-Marie Gutknecht
