Je reprends, ci-dessous, les propos de Bernard Antony sur la soirée d’hier à laquelle j’ai participé. Car, ses mots sont justes pour décrire la veillée de prières et de solidarité, avec les chrétiens persécutés dans le monde, qui a eu lieu place du Trocadéro à Paris.
Il peut en effet se féliciter du succès de ce rassemblement important en nombre et en qualité.
Personnellement, ce qui m’a frappé, ce sont les yeux des intervenants. J’ai fait un reportage photo qui malheureusement ne permet pas de retrouver totalement l’intensité de leurs regards qui avaient quelques choses de semblable, malgré leur différence de race, de pays, ou de culture.
Ces visages de victimes directes ou indirectes de la persécution chrétienne, s’exprimaient avec violence sur la violence qui leur est faite au quotidien.
Il m’est apparu que je vivais ce soir là quelque chose d’important.
Dommage pour les photographes, que des projecteurs aux lumières crues aient été braqués sur les intervenants… c’est mon unique regret.
Lu ici :
« Disons-le sans forfanterie : elle a été un remarquable succès, tant sur le plan de la qualité des interventions et de l ‘émotion que sur la participation ! On connaît l’habituel travers des organisateurs de manifestations d’en grossir le nombre des participants. Des observateurs très habitués et capables de ne ni surestimer ni sous-estimer discutaient après la dispersion sur une évaluation entre 400 et 600 participants, étant donné qu’en raison du grand froid beaucoup n’ont pas pu tenir toute la veillée.
J’évaluais pour ma part à une constante de 400 participants environ.
Mais là n’était pas l’essentiel, il a été dans l’extraordinaire présence de représentants de toutes les chrétientés persécutées. On notera bien sûr surtout la présence et les propos de Joseph Fadelle qui, étant donné les menaces de mort qui pèse sur lui et qui ne doit pas être photographié, s’exprimait à partir de la tente qui hébergeait la remarquable librairie ambulante de Notre-Dame de Kabylie.
Extraordinaire moment aussi que cette allocution superbe d’un jeune nigérian converti, fils et petit-fils d’iman, qui clamait sa certitude que comme lui d’autres musulmans, refusant les horreurs islamistes, trouveraient le Christ. Émotion bien sûr aussi avec Christophe Bilek, le fondateur de Notre-Dame de Kabylie, qui psalmodia en kabyle un magnifique poème dédié à une martyre chrétienne de son peuple, et encore avec les prises de parole du pasteur Saïd Oujibou, fantastique orateur dont les paroles semblaient avoir la puissance de chasser le froid.
Forte présence égyptienne ce soir-là avec deux représentants de l’Église copte et la chorale dans laquelle chantait aussi notre mai Jean Maher, l’infatigable avocat en Europe de la survie des Coptes, plus menacés que jamais aujourd’hui. Notre gratitude va tout spécialement à l’abbé Olivier de la Fraternité Saint Pierre, qui sut parfaitement en ouverture dire avec profondeur et sobriété sa réflexion sur le martyre et faire prier.
Mais vous verrez sur ce blog, dans les jours qui viennent, des retransmissions importantes de cette veillée après le travail de saisie des sons et des images effectué par David Fontey.
Je veux dire aussi ma gratitude à Jacques le Morvan, qui avait su préparer une superbe projection évocatrice de la réalité des Églises menacées, de leurs peuples admirables de foi, et des tragédies atroces qui les frappent. Gratitude enfin au parfait service d’ordre, discret, efficace, puissant, dans lequel voisinaient des militants de la résistance chrétienne libanaise, des africains, des maghrébins et même quelques jeunes français, moins tièdes que ceux restés en trop grand nombre dans la chaleur de leurs appartements. »
Jean-Marie Gutknecht