Le Précieux Sang

Chrétienté Info , le 26 février 2012 à 5:33  

« Lorsque le calice est élevé au-dessus de l’autel, oui, le sang de Jésus y est dans toute sa plénitude, glorifié et battant des pulsations de sa véritable vie humaine. Le sang qui autrefois a coulé dans la grotte du jardin des Oliviers, qui s’est coagulé sur les fouets et sur les verges de la flagellation, qui s’est séché sur les cheveux du Sauveur, qui a trempé ses vêtements, qui a laissé des taches sur la couronne d’épines, qui a arrosé le bois de la croix, le sang que lui-même a bu dans sa propre communion le soir du jeudi, le sang qui, la nuit du vendredi, a été répandu avec une prodigalité en apparence si insouciante sur le pavé de la perfide cité, – ce même sang est vivant dans le calice, uni à la personne du Verbe Eternel, pour être adoré par nous dans le plus profond anéantissement de nos corps et de nos âmes…

Lorsque le saint Sacrement est déposé sur votre langue, dans ce moment, dans cet acte que les anges de Dieu malgré leur grandeur ne contemplent qu’avec un saint tremblement, c’est encore le sang de Jésus qui circule dans l’hostie, avec toute l’abondance de sa vie glorieuse. Il voile sous le mystère du sacrement cette lumière radieuse qui, en ce moment-là même, éclaire toute l’étendue des Cieux, avec une magnificence de splendeurs que ne pourrait atteindre l’éclat d’un million de soleils. Vous ne sentez pas la force des pulsations de sa vie immortelle. Si vous la sentiez, vous pourriez à peine vivre vous-même. Une sainte terreur détruirait en vous la vie. Mais dans cette hostie adorable il y a toute la plénitude du Précieux Sang, le sang de Gethsémani, de Jérusalem et du calvaire, le sang de la passion, de la résurrection et de l’ascension, le sang qui a été versé, puis repris par le Sauveur. De même que Marie autrefois l’a porté au dedans d’elle-même, ainsi le portez-vous maintenant…

Il est bien juste que nous entrions dans un saint tremblement lorsque nous venons à penser quels sanctuaires nous sommes, lorsque le très-saint Sacrement est au dedans de nous ! »

R. P. F. W. Faber, « Le Précieux Sang ou le Prix de notre salut », Ambroise Bray, Paris, 1867 (4e éd.).