FN-UMP : alliance impossible ?

Le Salon Beige , le 24 avril 2012 à 17:17  

Paul-Marie Coûteaux déclare à Nouvelles de France :

« Je souhaite pour ma part que l’on commence à faire baisser d’un cran les tensions, l’animosité, le mépris, qui existe de la part de certains cadres de l’UMP vis-à-vis de Marine le Pen. Nicolas Sarkozy sait bien que s’il veut être élu, il lui faut que 80 ou 90% des électeurs de Marine Le Pen se reportent sur sa candidature au deuxième tour. Pour y arriver, je lui conseille de changer de langage et de faire taire les petits personnages qui, très loin des enjeux de l’histoire, ne cessent de nous insulter. M. Guéant nous a traité il y a quelques semaines de « nationaux » et « socialistes », bref de nazis. Nathalie Kosciusko-Morizet, confirmée dans ses fonctions de porte-parole de Nicolas Sarkozy a publié un ouvrage proprement insultant sur Marine le Pen et a même déclaré que, si le deuxième tour devait opposer Madame le Pen à François Hollande elle voterait pour ce dernier. Et nul n’a oublié que Nicolas Sarkozy a promis débarrasser la France du Front national. Mépris, mépris, mépris, et finalement méprise : la faute morale se traduit en faute politique…

J’en passe, en fait d’insultes et d’outrances, elles ne cessent pas : ce matin encore, Henri Guaino traitait les électeurs de Marine le Pen de désespérés et de paumés – ce qui est aussi faux que politiquement stupide. Comment voulez vous que, dans ces conditions, nous appelions à voter pour M. Sarkozy et les siens? C’est sans doute dommage, car il faudra bien un jour ou l’autre refermer le piège ouvert par François Mitterrand et réunir les patriotes – il y en a à l’UMP ! Pour l’heure, impossible, personne ne comprendrait et personne ne suivrait.

Ce mépris, cette animosité existent-ils aussi au FN ?

Certainement, et ils se nourrissent des insultes que je viens d’évoquer (cas typique des altercations où les récriminations des uns nourrissent les superlatifs des autres), sans compter des épisodes ahurissants comme le Traité de Lisbonne qui fut une véritable claque de M. Sarkozy aux Français qui avaient dit non à la Constitution européenne en 2005, à commencer par nous autres souverainistes…

Je souhaite que le ton change car nous sommes confrontés à une situation angoissante, la perspective d’une gauche socialo-communiste hégémonique qui, déjà, domine les institutions culturelles (Université, édition, médias) et par là, la sphère politique : la gauche dirige la majorité des grandes villes, des départements, des régions, le Sénat… …

Je ne sais ce que je ferai le 6 mai. Je voudrais d’abord obtenir un changement de ton (y compris de la part des députés de la Droite Populaire pourtant si proches de nous – et dont le programme est à peu de choses près le même que celui du SIEL); je souhaite que l’UMP soit un parti de droite qui cesse d’insulter la droite, le peuple de droite, les valeurs de la droite, et les intellectuels de droite. Il faudrait aussi qu’elle donne des garanties sur plusieurs sujets majeurs : l’Union européenne, l’immigration, le redressement de l’Ecole et de l’Université française, le rétablissement des enseignements classiques, et, comme l’a fait le SIEL, prenne quelques engagements sur les « points non négociables » énoncés par Benoît XVI. Ce sont les conditions pour commencer à discuter – mais, à douze jours du second tour, il est bien trop tard… »

Foyer d'étudiantes à Paris

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