Impressions soleil couchant, ou le crépuscule de la civilisation

Servus et Humilis , le 13 septembre 2012 à 12:22  

Bien chers amis,

Mardi après midi, j’ai assisté au Sénat à un de ces pseudo-débats qui tiennent davantage de la conférence de consensus que de l’échange d’arguments contradictoires, organisé par Mme Esther BENBASSA, sénateur du Val de Marne, autour de la proposition de loi visant à l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe et à l’ordonnancement des conditions de la parentalité.

Etaient entre autres présents Iris Mercier que je remercie chaleureusement d’avoir tempéré mes irrépressibles interventions et l’ami Philippe Ariño qui vous fera très prochainement un compte rendu par le menu de ce grand moment (compte rendu que je me réjouis à l’avance de lire).

Et bien je dois dire que je ne regrette pas d’avoir loupé mon déjeuner et de m’être fait tremper jusqu’aux os en attendant à l’entrée du Sénat que l’on daigne nous laisser entrer, car nous en avons eu confirmation de la part des trois intervenants (Caroline Mécary, avocate; Daniel Borillo, maître de conférence à Paris X et Didier Eribon, professeur à l’université d’Amiens), tous dévoués à la cause (la bonne cela va de soi mais laquelle au juste? Celle des personnes homosexuelles? Pas sûr…) que le mariage des personnes du même sexe n’était en fait qu’une étape vers un processus de déconstruction organisé du schéma familial “traditionnel” marqué – ô scandale – du sceau de la culture judéo-chrétienne ainsi que des institutions qui s’y rattachent.

Et oui, mon cher Ellypso Waratahs, tout ce que tu n’avais jamais osé rêver dans tes pires cauchemars a été méticuleusement programmé : suppression des exigences de fidélité entre époux, de communauté de vie, de solidarité ainsi que de l’obligation de passer devant un juge pour divorcer. J’en passe et des meilleures notre cher Philippe nous narrera cela avec tous les détails.

Bref, on se demande bien pourquoi ouvrir le mariage aux couples de même sexe si c’est en définitive pour le vider de sa substance. Je n’évoquerais pas ici les propositions concernant la parentalité tant on se serait cru dans un mauvais film de science fiction ou dans la salle commune d’un hôpital psychiatrique (au choix). Détruire dit elle/il (pour ne pas évoquer le titre d’un célèbre roman de Marguerite Duras). Détruire oui, puisqu’il parait que c’est cela le progrès, mais pour construire quoi à la place?

Ô homophobie – aurait sans doute dit madame Roland – que de crimes on s’apprête à commettre en ton nom !

Malheureuses personnes homosexuelles, si elles réalisaient enfin comment on manipule leur souffrance au profit d’idéologies haineuses et destructrices soutenues par des individus qui ont manifestement des comptes à rendre avec leur passé.

Songez que votre serviteur qui a eu bien du mal à se contenir devant tant de terrifiante absurdité (merci Iris) n’a pas pu s’empêcher d’en placer une (ou deux…peut être trois). On lui a aussitôt appliqué le grand exorcisme que cette nouvelle religion néolibérale entend appliquer à ses contradicteurs: “christianisme, sors de cet homme!”.

De christianisme il n’en était nulle mention dans mon propos, j’avais juste tenté d’émettre des réserves sur le bien fondé de la multiparentalité et oser évoquer ma crainte face à l’annonce d’une institutionnalisation de l’instabilité dans les familles, puisqu’il faut désormais utiliser le terme au pluriel. J’ai également oser citer l’étude de Mark Regnerus sur le devenir des enfants ayant eu un parent homosexuel, étude maudite, sans doute commanditée par l’Opus Dei ou quelque suppôt de l’institut Civitas, étiquette collée sans vergogne au vaillant Gaultier Bes de Berc qui était intervenu avant mes infâmes propos christiano-psychiatriques (observez au passage la hardiesse du néologisme) pour dénoncer le projet d’ “explosion de l’institution” et rappeler une dure réalité qui semble faire l’effet d’une aspersion d’eau bénite sur un énergumène:” il faut un homme et une femme pour faire un enfant”.

Bref cela laisse songeur sur la santé psychique pour ne pas dire mentale de ceux qui décident pour nous des lois qui régissent la société dans laquelle nous vivons.

Je crains qu’on ait vraiment des soucis à se faire…

Source

Foyer d'étudiantes à Paris

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