Pour ceux à qui ça aurait échappé, le noyau dirigeant de l'épiscopat français, dont le quotidien "La Croix" est souvent la voix, n'est pas franchement favorable à un accord entre Rome et la Fraternité St Pie X. Pour ma modeste part, je trouve que quelques centaines de prêtres catholiques et des dizaines de milliers de fidèles, en un temps où nous devenons chaque jour plus minoritaires sur le vieux continent, ne sont pas un appoint à négliger et je me réjouirai de tout mon coeur quand l'union tant attendue aura lieu. En tout cas, pour faire "capoter" les discussions doctrinales en cours, "La Croix" donne une publicité inédite à un communiqué du district de France (dont nos confrères semblaient ignorer l'existence encore récemment!...), fort peu amène sur le dialogue interreligieux. Mais ils ne semblent pas se rendre compte que, parmi les fidèles catholiques "officiels" aussi, beaucoup ne sont pas vraiment enthousiasmés par la tournure que prend ledit "dialogue interreligieux" dans la Fille aînée de l'Eglise (qui devient de plus en plus soumission au "politiquement correct" le plus idiot, celui de ces journalistes qui ont besoin de se référer - en France! - au Ramadan pour expliquer ce qu'est le Carême...). Peut-être que l'abbé de Caqueray a un langage un peu vert, sans doute n'est-il pas assez respectueux de l'épiscopat, mais, sur le fond, ce qu'il a dit sur le dialogue interreligieux en France me semble assez généralement partagé par bon nombre de "silencieux de l'Eglise"...
Contrairement à ce qui a été dit souvent dans les médias ces derniers jours, Sr Marie Simon Pierre, qui a peut-être été guérie miraculeusement d'une maladie de Parkinson par l'intercession de Jean-Paul II, n'est pas malade. L'archevêché d'Aix en Provence, où cette religieusde réside, l'a en tout cas formellement démenti. Source: Zenit
Lu sur le blog de "La Croix" à Rome: "L’Eglise catholique peut toujours affirmer avec constance son aversion pour les crimes pédophiles, expliquer la qualité de ses procédures canoniques pour l’éradiquer, se repentir devant les victimes. Rien n’y fera : le soupçon pèse lourd et continuera à peser, discréditant durablement l’institution. […] il faut prendre en considération le « schisme silencieux » qui touche plusieurs Eglises d’Europe occidentale, ce départ silencieux et, disent certains, massif, de nombreux baptisés catholiques, gagnés par un écœurement qu’ils n’ont même plus envie d’analyser. Car là aussi, les affaires pédophiles pèsent de leur poids nauséabond." Certes, mais il se trouve que nous sommes "a posteriori", et non a priori, et qu'il faut bien maintenant réagir... et qu'il me semble que le saint-siège a désormais bien pris la mesure du désastre (certains évêques aussi, me dit-on, tel cet évêque irlandais dont je n'ai pas le nom, mais qui aurait déclaré courageusement, lors de la réunion convoquée par Benoît XVI sur ce sordide sujet, que l'épiscopat irlandais en corps avait failli et qu'il fallait que tous remettent leur épiscopat entre les mains du souverain pontife; si le fait est avéré, cet évêque ne manque en tout cas pas de panache!).
Nos confrères de La Croix s'étonnent de la permanence du culte des reliques en Italie : ainsi l'ostension de celles de saint Antoine de Padoue attire 2 500 fidèles par heure. Il suffit de leur rappeler que nous croyons à la résurrection de la chair, et que donc, en vénérant les restes terrestres d'un saint, nous touchons en fait, pour ainsi dire, à son corps glorieux, à la vision béatifique à laquelle nous aspirons. Je comprends que cela soit incompréhensible pour quelqu'un qui ne croit pas à l'autre monde ; j'ai plus de mal à comprendre les réserves de catholiques... Source : La Croix
Un excellent journaliste catholique,lecteur occasionnel d'Osservatore Vaticano, m'envoie cette utile précision pour compléter mon article du 4 mars sur "Démocratie rêvée et démocratisme réel": j'avais dit - calomnieusement - qu'il n'existait aucune démocratie respectant le droit à la vie de la conception à la mort naturelle. En réalité, mon correspondant me signale quelques exceptions que je suis heureux de pouvoir citer en modèles: "A propos du respect de la vie, l'avortement est totalement interdit au Nicaragua, au Salvador, au Chili, en République dominicaine (c'est désormais dans la Constitution), plus près de chez nous à Malte (où le divorce est également interdit), et sans doute quelques autres."
Dans son audience générale du 3 mars, consacrée au grand théologien franciscain saint Bonaventure, Benoît XVI a naturellement fait l'éloge de la contemplation et de la théologie et a conclu: "Sur terre nous pouvons contempler l'immensité divine grâce au raisonnement et à l'admiration. A l'inverse, au ciel, lorsque nous seront devenus semblables à Dieu, par la vision et l'extase...nous entrerons dans la joie de Dieu." Source: VIS
On sait que le sort de nos frères chrétiens en Malaisie n'est guère enviable, régulièrement soumis à des brimades et vexations du pouvoir quand ce n'est pas aux lynchages. Dernier épisode en date: deux journalistes du journal Al-Islam enquêtant, paraît-il, sur les conversions de jeunes musulmanes au christianisme ont profané une hostie en assistant incognito (soi-disant pour les besoins de l'enquête) à une Messe et en communiant. L'un d'entre eux avait ensuite recraché la sainte Hostie et l'avait photographiée! Le journal vient – tout de même! – de présenter ses excuses aux chrétiens, en leur disant qu'ils ne souhaitaient pas "heurter leurs sentiments religieux" (même s'ils l'ignorent, nous pouvons signaler à ces curieux journalistes que profaner une hostie consacrée est pour nous un peu plus grave que heurter nos sentiments religieux!...). Si nous nous réjouissons de cette repentance, nous ne pouvons que constater que cette profanation montre à quel point les catholiques malais sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Source: Zenit
Mgr Celestino Migliore, observateur permanent du saint-siège à l'ONU, est intervenu devant la commission sur le statut de la femme du Conseil économique et social des Nations Unies, et a fermement critiqué le fait que les documents des conférences internationales insistent sur le "lien entre obtention des droits personnels, socio-économiques et politiques, et notion de santé sexuelle et de droits reproductifs. Ceci constitue une violence faite aux êtres en gestation tout en agressant les besoins réels des femmes et des hommes. Une solution respectueuse de la dignité de la femme ne faire fi du droit à la maternité, qu'il faut promouvoir et non compromettre en améliorant les systèmes de santé et, en particulier, les s maternité." Il est bon de rappeler, en effet, que pour les institutions internationales, "santé sexuelle" ou "droits reproductifs" sont des noms de code pour le prétendu droit à l'avortement… Source: VIS
Au cours de l'homélie qu'il a prononcée le 7 mars dernier à la paroisse romaine de St Jean de la Croix, Benoît XVI a fait ce rapprochement instructif sur le sens profond du Carême: "Sur le Golgotha, Dieu qui au cours de la fuite en Egypte s'est révélé comme celui qui libère de l'esclavage, se révèle comme celui qui embrasse tout homme avec la puissance salvifique de la croix et de la résurrection et qui le libère du péché et de la mort par son amour." Source: VIS
Le P. Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du saint-siège, a publié aujourd'hui une note sur les abus sexuels sur des mineurs commis au sein de communautés ecclésiastiques et notamment par des clercs. On y lit notamment ces phrases équilibrées: "Les fautes commises dans les institutions et par des responsables ecclésiaux sont évidemment particulièrement répréhensibles, au vu de la responsabilité éducative et morale de l'Eglise. Mais toutes les personnes objectives et informées savent que le problème est beaucoup plus large, et qu'il n'est pas juste de concentrer ces accusations sur l'Eglise seulement." Le P. Lombardi rappelle également que la lettre "De delictis gravioribus" (2001) n'a pas été, comme le disent trop souvnet les médias, le signal envoyé aux épiscopats pour cacher ces monstruosités, mais au contraire, l'invitation à agir fermement contre ces abus. Source: VIS
Le cardinal Sandri, préfet de la congrégation pour les Eglises orientales, a envoyé une lettre aux évêques du monde entier pour leur rappeler le soprt tragique de nos frères de Terre sainte, en les invitant au soutien matériel et à la prière: "Le Pape a confié à la Congrégation pour les Eglises orientales la mission de susciter un intérêt nouveau pour cette terre bénie. Je vous encourage donc à confirmer votre solidarité. Les chrétiens d'orient ont la responsabilité de protéger les origines chrétiennes, les lieux et les personnes qui en sont le signe, pour qu'elles demeurent références de la mission chrétienne, mesure de l'avenir de l'Eglise. C'est pourquoi, ces chrétiens méritent l'appui de l'Eglise toute entière." Source: VIS
J'ai évoqué récemment la supplique à Mgr Léonard lancés par nos amis de Riposte catholique pour la défense du mariage chrétien contre les parodies sacrilèges du RP Germain Dufour (que vous pouvez toujours signer ici). Un lecteur m'a fait remarquer que l'archevêque de Malines-Bruxelles n'avait rien à voir avec cette "cérémonie" célébrée par un capucin dans un autre diocèse. En théorie, c'est certes vrai. Mais, en cas de défaillance de l'autorité épiscopale (et nous sommes hélas! bien contraints de dire que nous sommes dans ce cas), c'est au métropolitain qu'il revient d'agir pour la sauvegarde de la foi catholique. Le canon 436 §1 déclare en effet: "§ 1. Dans les diocèses suffragants, il revient au Métropolitain: 1. de veiller à ce que la foi et le discipline ecclésiastique soient soigneusement observées et, s'il y a des abus, d'en informer le Pontife Romain;" J'ignore si les rédacteurs de Riposte catholique pensaient à ce texte en lançant leur supplique, mais il est certain en tout cas que Mgr Léonard est bien le recours légitime des fidèles désorientés par ce scandale.
Encore une citation, récemment relue dans le discours aux artistes de Benoît XVI, dont je parlais hier: "La foi n'ôte rien à votre génie, à votre art, au contraire elle les exalte et les nourrit, elle les encourage à franchir le seuil et à contempler avec des yeux fascinés et émus le but ultime et définitif, le soleil sans crépuscule qui illumine et embellit le présent."
Recevant les évêques d'Ouganda en visite ad limina, Benoît XVI les a notamment invités à défendre la loi naturelle, la famille et la vie: "A la lumière du message évangélique on doit être conscient de la nécessité d'encourager les catholiques ougandais à vivre pleinement le sacrement du mariage, unique et indissoluble, mais aussi à respecter le droit sacré à la vie". Et d'ajouter que cela impliquait de "résister à la tentation du matérialisme et de l'individualisme qui sont diffus dans de nombreux pays". Un message qui s'adresse hélas! au moins autant à notre vieille Europe anciennement chrétienne et désormais presque totalement inféodé à la culture de mort qu'à l'Ouganda. Source: VIS
Mgr Mauro Piacenza, secrétaire de la congrégation pour le Clergé, a récemment envoyé un message à tous les prêtres pour l'année sacerdotale. On peut notamment y lire: "Cette dignité ne vient pas des hommes, mais est un pur don de grâce, auquel on est appelé et que personne ne peut revendiquer comme un droit." Cela semble aller de soi, mais il est vrai qu'avec la montée des revendications les plus farfelues et avec le développement d'une culture des "droits acquis" jusque dans l'Eglise, un tel rappel n'est pas inutile! Source: Zenit
Pour ajouter un utile éclairage à mon précédent article sur beauté et chrétienté, voici ce que le Pape a déclaré dans son discours aux artistes du 21 novembre dernier: "Trop souvent la beauté qui est publicisée est illusoire et mensongère, superficielle et éblouissante jusqu'à l'étourdissement et, au lieu de faire sortir les hommes d'eux-mêmes et de les ouvrir à des horizons de véritable liberté, en les attirant vers le haut, elle les emprisonne en eux-mêmes et les rend encore plus esclaves, privés d'espérance et de joie. Il s'agit d'une beauté séduisante mais hypocrite, qui réveille le désir, la volonté de pouvoir, de possession, de domination sur l'autre et qui se transforme, bien vite, en son contraire, assumant les visages de l'obscénité, de la transgression ou de la provocation pour elle-même. En revanche, la beauté authentique ouvre le coeur humain à la nostalgie, au désir profond de connaître, d'aimer, d'aller vers l'autre, vers ce qui est au-delà de soi. Si nous laissons la beauté nous toucher profondément, nous blesser, nous ouvrir les yeux, alors nous redécouvrons la joie de la vision, de la capacité de saisir le sens profond de notre existence, le Mystère dont nous faisons partie et auquel nous pouvons puiser la plénitude, le bonheur, la passion de l'engagement quotidien."
Dans son audience générale du 18 novembre, le Pape a parlé de l'arrière-plan théologique des cathédrales gothiques. Il a notamment cité cette belle inscription gravée au fronton de la nécropole des rois de France à St-Denis: "Passant, si tu désires louer la beauté de ces portes, ne te laisse éblouir ni par l'or, ni par la magnificence, mais plutôt par le dur travail. Ici resplendit une oeuvre fameuse, mais veuille le ciel que cette oeuvre fameuse qui brille fasse resplendir les esprits, afin que les vérités lumineuses s'acheminent vers la vraie lumière, où le Christ est la vraie porte." Avec de tels principes, on conçoit que nos ancêtres aient construit de tels chefs-d'oeuvre… et on comprend pourquoi l'Europe actuelle, en rupture radicale avec cette primauté de la contemplation, ne produise que de la laideur!
Lors de l'audience du 11 novembre dernier, Benoît XVI est revenu sur le rôle des grands ordres religieux, et de Cluny en particulier, dans la construction européenne: "Il y a mille ans, alors qu'était en plein développement le processus de formation de l'identité européenne, l'expérience clunisienne, diffusée dans de vastes parties du continent européen, apporta son importante et précieuse contribution. Elle a rappelé le primat des biens de l'esprit; elle a tenu en éveil la tension vers les choses de Dieu; elle a inspiré et soutenu des initiatives et institutions pour la promotion des valeurs humaines; elle a éduqué à l'esprit de paix. Chers frères et soeurs, prions pour que tous ceux qui ont à coeur un humanisme authentique et l'avenir de l'Europe sachent redécouvrir, apprécier et défendre le riche patrimoine culturel et religieux de ces siècles passés."
J’ai déjà parlé de la très belle catéchèse que Benoît XVI avait faite à propos de la controverse entre saint Bernard et Abélard, je glane dans le texte intégral quelques points importants sur la pratique de la théologie et sur ses liens avec le Magistère : « Quelles leçons pouvons-nous aujourd’hui apprendre de la controverse sur le ton souvent enflammé qu’adoptaient Bernard et Abélard, et, plus généralement, de la confrontation entre théologie monastique et théologie scolastique ? Pour commencer, je crois que cela montre l’utilité et la nécessité d’une saine discussion théologique au sein de l’Eglise, avant tout lorsque les questions débattues n’ont pas été définies par le Magistère, lequel reste toujours un point de référence qu’on ne peut éluder. […] Ensuite, les condamnation que ce dernier [Abélard] encourut nous rappellent que dans le domaine de la théologie doit s’exercer l’équilibre entre, d’une part, ce que l’on pourrait appeler les principes architectoniques que nous a donnés la Révélation elle-même et qui donc gardent toujours une importance prioritaire, et, d’autre part, ce qui relève de l’interprétation que suggère la philosophie, c’est-à-dire la raison, et qui ont, certes, une fonction importante mais seulement instrumentales. Lorsque s’affaiblit cet équilibre […], la réflexion théologique court le risque d’être viciée par des erreurs, et c’est alors au Magistère qu’il revient d’exercer le nécessaire qui lui est propre, celui de la vérité. De plus, il convient de mettre en évidence que, parmi les motivations qui induisirent Bernard à se ranger contre Abélard et à solliciter l’intervention du Magistère, il y avait aussi le souci de préserver les simples et humbles fidèles, qui sont à défendre contre le risque de confusion ou de déviation créé par des opinions trop personnelles et par des arguments théologiques téméraires qui pourraient mettre leur foi en danger. »
Toujours dans le message « Si tu veux construire la paix, protège la création », Benoît XVI dénonçait « une vision égalitariste de la “dignité” de tous les êtres vivants ». « On se prête ainsi à un nouveau panthéisme aux accents néo-païens qui font découler le salut de l’homme de la seule nature, en son sens purement naturaliste. » Et de proposer une vision équilibrée, rejetant dos à dos ce néo-paganisme et le technicisme : « L’Eglise invite au contraire à aborder la question de façon équilibrée, dans le respect de la grammaire que le Créateur a inscrite dans son œuvre, en confiant à l’homme le rôle de gardien et d’administrateur responsable de la création, rôle dont il ne doit certes pas abuser, mais auquel il ne peut se dérober. En effet, la position contraire qui absolutise la technique et le pouvoir humain finit par être aussi une grave atteinte non seulement à la nature, mais encore à la dignité humaine elle-même. »